L’Art des Transmissions expliqué à l’Espace Ferrié

12 Août

Peu de gens le savent, mais le Ministère de la Défense gère de longue date un réseau de musées sur tout le territoire français, pour valoriser son incroyable patrimoine : le musée de l’Air du Bourget, le musée de la Marine à Paris et ses quatre antennes à Brest, Port-Louis, Rochefort et Toulon, le musée de la Cavalerie à Saumur ou le musée du Génie à Angers sont des exemples parmi des dizaines.

A Cesson-Sevigné, près de Rennes, se trouve un musée militaire peu connu, l’Espace Ferrié, Musée des Transmissions. Inauguré en 2005, il cherche à présenter l’histoire de la communication, en mettant en parallèle les avancées militaires et civiles : un programme ambitieux, mais le résultat est très inégal.

Le musée est installé dans un grand bâtiment de verre, à proximité du campus de Beaulieu et de la technopole Rennes Atalante, parmi les centres de recherche et de formation dans les technologies de l’information et de la télécommunication.

La visite commence par le visionnage d’un documentaire dans une salle de projection très confortable, qui permet de rassembler brièvement ses connaissances sur le sujet, et de poser les bases des thèmes abordés dans le parcours. Au troisième étage du musée débutent les explications sur l’histoire des transmissions : le télégraphe, la TSF, la cryptologie, ect. De nombreux panneaux explicatifs très détaillés, plusieurs reproductions de documents d’archives ou de photographies ponctuent la visite. Des vitrines présentent des objets rares aux cartels souvent assez complets, et plusieurs installations interactives sont quelque fois réalisées avec peu de moyens. On trouve par exemple un « jeu du meilleur transmetteur » : un texte en braille à décrypter, à l’aide d’une ardoise magnétique en plastique, qui fonctionne malgré tout assez bien.

Des parallèles sont effectués fréquemment pour montrer l’utilité militaire des inventions : le rôle de la télégraphie militaire pendant la guerre de 1914-1918, le cryptage des ondes radios… Cette première partie de visite est plutôt bien faite, le parcours chronologique est facile à suivre et les objets curieux nous interpellent.

Le deuxième étage est consacré aux technologies actuelles : microprocesseurs, satellites, réseaux. Un grand espace est consacré à l’interopérabilité, c’est à dire les systèmes militaires permettant de lier les soldats sur le terrain à leur commandement, sous la forme d’une imposante maquette, survolée par des drones. C’est à ce moment que le visiteur non spécialiste décroche quelque peu : les textes explicatifs prennent de la longueur et se complexifient. Les objets se raréfient, l’on a de plus en plus de mal à saisir la cohérence du parcours. Les outils interactifs sont toutefois toujours présents pour se raccrocher à des expériences simples et éviter de passer complètement à côté de cet étage.

Au premier étage enfin, une exposition temporaire (mais dont la date de fin ne semble pas avoir été fixée) est consacrée à l’histoire du téléphone. On suit les transformations de cet objet quotidien, à travers l’évolution de ses formes et de ses usages, mais aussi toutes les technologies qui y sont associées. Là aussi, beaucoup de textes et de photographies d’archives entourent les objets, si bien qu’on se concentre rapidement sur les points les plus importants. A cet étage, on trouve également un mémorial, qui présente les uniformes, symboles et distinctions de l’Armée des Transmissions.

Ce musée est très instructif et se consacre à la fois au côté technologique et sociologique de la télécommunication. La place consacrée à l’Armée peut être quelque fois déroutante, mais s’explique pleinement par le fait que la plupart des évolutions ont d’abord été conçues pour le domaine militaire. Le musée vaut le détour, mais les textes interminables, le manque de cohérence du parcours et une muséographie au goût parfois dépassé incitent passer à rapidement son chemin à plusieurs endroits.

Les plus :

  • De nombreuses explications précises pour les passionnés
  • Plusieurs postes interactifs pour les visites en famille
  • Le site internet propose une visite virtuelle pour revoir les principaux points et les objets phares du musée

Les moins :

  • Des textes souvent trop longs pour le non-initié
  • Une muséographie récente, mais déjà dépassée par endroits

Retrouvez plus d’images dans notre Galerie Picassa

Infos pratiques :

ESPACE FERRIÉ – Musée des transmissions

Avenue de la Boulais
35512 Cesson Sévigné

Tel : 02 99 84 32 43

Ouvert tous les jours de 14 h à 18 h, sauf le mardi

Tarifs : 4 € / 2 € (demandeurs d’emploi, anciens combattants, anciens militaires)

Gratuit pour les moins de 26 ans, handicapés, enseignants et personnels de la défense.

http://www.espaceferrie.fr

Par C.M.

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