Odyssée à la Cinémathèque pour l’exposition Stanley Kubrick

31 Juil

Annoncée comme l’exposition phare de l’année 2011, la rétrospective consacrée à Stanley Kubrick a accueilli plus de 130 000 visiteurs. Cet évènement culturel est exceptionnel à plus d’un titre. D’abord, parce que la Cinémathèque consacre deux étages (les 5e et 7e) à cette exposition d’une superficie de près de 1000 m2. Ensuite, parce que, contrairement à son habitude, la Cinémathèque accueille une exposition itinérante créée par une autre institution.

Aussi, parce que plusieurs documents, généralement inédits, sont présentés en exclusivité à cette occasion. Rajoutons que, pour la première fois, l’intégralité de la filmographie de Stanley Kubrick est proposée en coffret dans le cadre de cette grande exposition.

Initialement créée par le Deutsches Filmmuseum à Francfort en 2004, la rétrospective a déjà été présentée dans plusieurs villes à travers le monde : Berlin, Melbourne, Gand, Zurich, Rome.

Le parcours d’exposition suit chronologiquement les étapes, film par film, de la carrière cinématographique de Stanley Kubrick. Depuis ses premiers pas, en tant que photographe pour le magazine Look, en passant par ses différents films, pour finir par ses projets inaboutis, l’exposition nous fait découvrir l’univers fascinant du cinéaste.

Chaque film a son espace bien défini, matérialisé par une couleur forte ( rouge pour Lolita, vert pour Shining) et son ambiance propre. L’exposition démontre bien que Kubrick est un cinéaste qui a su travailler avec tous les genres cinématographiques, du film de guerre au film historique en passant par la science-fiction et le film d’horreur.

Dans chaque espace, une vidéo présente des extraits de films, savamment complétés de vidéos documentaires et d’interviews d’acteurs. Ils permettent aux visiteurs de se familiariser avec les films qu’ils n’ont pas vus, sans en dévoiler les moments cruciaux. De nombreux documents nous révèlent l’envers du décor et nous donnent un aperçu de la personnalité de l’artiste, sans rentrer dans les détails de sa vie privée.

On le découvre perfectionniste, méthodique à travers ces notes et plans de travail, obsessionnel dans sa recherche technique de la composition et de la lumière (comme ce fut le cas pour les scènes de dialogues à la bougie, dans Barry Lyndon, qui nécessitèrent de modifier la caméra pour garder un premier plan net, malgré la faible lueur de la bougie). Dans les vitrines, courriers et coupures de presse font revivre les réactions virulentes suite à la sortie du célèbre Orange Mécanique.

La plus grande partie du 5e niveau est consacrée au film 2001. L’Odyssée de l’espace, sorti en 1968. Dans cet espace, on retrouve la maquette d’un engin spatial appelé « la centrifugeuse » ainsi que plusieurs objets futuristes présents dans le film tels qu’une montre design, une combinaison spatiale du futur…

En vitrine, les récompenses obtenues au cours de la carrière de l’artisite témoignent de son travail acharné : Oscar des meilleurs effets spéciaux reçu en 1968 pour 2001. L’Odyssée de l’espace, Lion d’Or de la Mostra de Venise reçu pour l’ensemble de sa carrière…

Le 7e étage fait plutôt la part belle aux projets inaboutis : Napoléon ou encore Aryan papers, film sur les camps de concentration. L’un de ces projets – A.I. Intelligence artificielle – sera réalisé par son ami Spielberg, d’après un sujet de scénario de Kubrick.

Cette riche exposition sur un des plus grands cinéastes du XXe siècle est bien construite, bien illustrée par des vidéos, documents et objets. Elle donne envie de voir ou revoir les grands moments de cinéma que sont les œuvres de Stanley Kubrick.

Le + :

– Des extraits de films bien choisis, adaptés au tout public malgré la violence présente dans certains films, pas trop longs mais assez parlants pour donner envie de découvrir les films évoqués.

Le – :

– L’entrée dans la première salle peut paraître assez directe : elle peut donner l’impression au visiteur d’avoir « zappé » une précédente pièce, le texte introductif étant placé à l’extérieur de l’exposition, à un endroit où peu de visiteurs s’attardent.

Informations complémentaires :

Exposition créée en 2004, par le Deutsches Filmmuseum à Francfort, en étroite coopération avec Christiane Kubrick, Jan Harlan et The Stanley Kubrick Archive at the University of the Arts London.

Commissaire : Hans-Peter Reichmann, Directeur des expositions du Deutsches Filmmuseum.

Parcours de l’exposition :

– 5e étage : Le Baiser du tueur, L’Ultime Razzia, Les Sentiers de la gloire, Spartacus, Lolita, Dr Folamour, 2001. L’Odyssée de l’espace, Orange mécanique, Barry Lyndon, Shining.

– 7e étage : Full Metal Jacket, Eyes Wide Shut, A.I., Aryan Papers, Napoléon.

Infos pratiques :

La Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris.

http://www.cinematheque.fr

Exposition du 23 mars au 31 juillet 2011

Horaires d’été (tous les jours sauf mardi) : de 10h à 20h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h. Nuit Kubrick vendredi 22 juillet : jusqu’à 1h du matin.

Plein tarif : 10 euros / Tarif réduit : 8 euros.

Par S.D.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :