Pérégrinations praguoises

23 Jan

Prague recèle de nombreux musées, plus ou moins intéressants, et il faut souvent savoir sortir des sentiers touristiques pour se laisser surprendre. Visiter la galerie nationale dédiée à l’art tchèque est par exemple, une vraie bonne idée !

Situé dans un bâtiment très imposant en banlieue praguoise, ce musée abrite des collections extrêmement riches qui se révèlent plus surprenantes qu’il n’y paraît.

La première surprise réside dans l’architecture du musée. Ce bâtiment fonctionnaliste, érigé dans les années 1930, a une allure extrêmement rigide, et il faut bien le dire assez triste. Cependant à l’intérieur, le contraste est saisissant, tout est ouvert, blanc, et aéré. On déambule ainsi avec un grand plaisir à travers les différentes époques et les multiples expressions de l’art tchèque.

Concernant les collections permanentes, les artistes français ou italiens n’ayant pas l’apanage des grandes œuvres d’art, les tchèques nous offrent de nombreuses œuvres intéressantes voire majeures. A signaler notamment le mobilier et les objets cubistes, parfois seuls exemplaires au monde illustrant ce courant.

Autre élément marquant, l’étage réservé aux œuvres tchèques de 1930 à nos jours, il nous permet de découvrir l’évolution de l’art contemporain pendant l’ère communiste, et après sa chute. L’art est donc ici mis en étroite relation avec l’histoire, ce qui offre un point de vue intéressant.

Outre ses collections permanentes, le musée propose régulièrement des expositions temporaires.

La dernière en date (13 octobre – 7 janvier 2011) possédait un titre pour le moins alléchant : « Monet-Warhol : chefs d’œuvres du musée Albertina de Vienne ».

Le titre peut s’avérer trompeur, car non, il n’y avait pas uniquement des peintures de Monet et de Warhol, en fait ces deux artistes faisaient uniquement figures de bornes chronologiques. Cette exposition a permis de dévoiler, pour la première fois en République Tchèque, 80 œuvres de l’art contemporain mondial créées entre le début du XXème siècle et le XXIème siècle.

Ces toiles provenaient toutes d’une collection européenne majeure, celle des époux Rita et Hebert Batliner conservée au musée Albertina à Vienne.

Cette exposition illustrait à elle seule les principaux courants de l’art contemporain. En ouverture, les visiteurs pouvaient apprécier un tableau sur le fameux thème des nénuphars de Claude Monet. Etaient également présentés le fauvisme avec Henri Matisse, l’avant-garde et l’abstraction russe de Kandinsky mais aussi le surréalisme des œuvres de Max Ernst.

La période de l’après-guerre faisait quant à elle la part belle aux grandes figures de l‘art européen et américain, parmi lesquelles Jean Dubuffet, Yves Klein, Francis Bacon, Roy Lichtenstein ou Andy Warhol.

La visite de ce musée se révèle agréable et enrichissante. Que l’on soit un simple amateur ou un féru de peinture, tout le monde peut y trouver son compte. A savoir tout de même, comme tout grand musée, il vaut mieux orienter sa visite sur une ou deux grandes périodes plutôt que d’essayer de tout faire pour au final, ne plus rien apprécier.

Les + :

  • Des collections permanentes intéressantes au sein d’un parcours muséographique cohérent, de bonnes propositions d’expositions temporaires, une librairie bien fournie.

Les – :

  • Quelques difficultés au niveau des traductions, parfois un réel manque de médiation en direction des étrangers.

Renseignements pratiques :

Galerie nationale de Prague- Veletrzni Palace

Dukelskych hrdinu 47, 170 00 Prague

www.ngprague.cz

Ouverture tous les jours, sauf le lundi, de 10h à 18h.

Tarifs : entre 4 et 8 euros

 

Par An. B


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Une Réponse to “Pérégrinations praguoises”

  1. Hocquaux François 29/01/2011 à 09:13 #

    Oui, en effet…il est nécessaire de se dégager une bonne tranche de temps afin de pouvoir contempler l’ensemble de ce musée.
    Point positif aussi (quoique de l’ordre du bassement pratique) : il n’y a pas besoin d’attendre trop longtemps à l’entrée pour avoir ses billets, d’ailleurs peu chers.

    Petite suggestion : après une visite dans ce musée, se rendre au DOX d’art contempo, situé non loin: après la richesse et le fourmillement artistique du musée décrit par An. B., c’est « l’ère du vide » qui vous attend là-bas!

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